Communications libres du VIeme Symposium du RDPLF

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10 - Dialyse péritonéale (DP) chez les patients séropositifs pour le VIH.
H. Germanos, M. Mesquita, R. Wens, F. Collart, M. Dratwa
(Bruxelles, Belgique)

Nous rapportons l’expérience de la prise en charge en DP des 20 patients urémiques séropositifs pour le VIH pris en charge parmi 100 centres membres du RDPLF du 01/01/86 au 31/10/99.

Huit patients d’origine africaine ont été ou sont suivis au CHU Brugmann et les 12 autres dans 11 centres européens (1 suisse, 8 français et 2 autres centres belges). On remarque que 10 patients sur les 20 n’ont jamais développé de péritonite. Les 10 autres ont eu 29 péritonites avec des germes trouvés classiquement en DP, mais la comparaison du risque de péritonite avec les patients VIH négatifs suivis au CHU Brugmann durant la même période a montré qu’il n’y avait pas de différence significative.

A noter que la majorité des patients a développé des complications liées à la maladie virale (sarcome de Kaposi et infection opportuniste) plutôt qu’à la DP (infection du site de sortie du cathéter par exemple).

Tous les patients présentaient une anémie sévère nécessitant le recours à l’EPO par voie sous-cutanée. L’évolution du poids et du taux d’albumine montrait un bilan nutritionnel équilibré. Tous les patients, sauf 2, étaient dialysés de façon adéquate avec un Kt/V à 2,0 en moyenne. Après un suivi moyen de 31 mois (3-144) , 9 patients sont décédés et 1 est perdu de vue. La survie des patients VIH positifs est plutôt liée au taux de lymphocytes T4, donc au stade de l’infection, qu’à la technique de DP.

Les complications, particulièrement infectieuses, liées à la DP ne sont pas plus fréquentes chez les patients VIH positifs, ce qui justifie le choix de cette méthode de dialyse, qui leur permet, en outre, de poursuivre leur traitement en Afrique de manière permanente (2 patients) ou temporaire (4 ont séjourné dans leur famille de 3 à 8 semaines). Cet élément est très important pour maintenir l’espoir chez ces patients atteints de pathologies sévères et leur permet de ne pas sombrer dans un syndrome dépressif majeur.