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(mise
à jour le 08/04/02)
L'infection
de l'émergence et/ou du tunnel sous-cutané du cathéter
Il s'agit d'une complication banale, mais dont le diagnostic doit
être précoce afin de mettre en route un traitement
rapidement, sous peine d'aboutir au retrait du cathéter.
En France, la fréquence est d'environ 1 épisode tous
les 80 mois-patients.
Etiologie
En dehors d'une contamination per-opératoire lors de la pose
du cathéter, une hygiène insuffisante, des microtraumatismes
du cathéter, le portage nasal de Staphylococcus Aureus sont
autant de causes possibles d'infections de l'émergence cutanée
du cathéter.
Diagnostic
Le diagnostic est clinique. Il est simple à réaliser.
- infection de l'émergence : apparition díune
inflammation sur le pourtour de l'émergence cutanée
du cathéter, accompagnée ou non d'un écoulement
purulent ou séreux. Dans des conditions normales, la peau
doit être parfaitement saine au niveau de l'émergence,
il ne doit y avoir ni rougeur ni écoulement (voir
Illustrations).
- infection du tunnel sous-cutané : écoulement
purulent par l'orifice du cathéter, accompagné ou
non d'une inflammation au niveau de l'émergence.
A un stade évolué, l'infection du tunnel s'exprime
par un abcès sous cutané le long du trajet sous-cutané
du cathéter.
En règle générale, il n'y a aucun autre signe,
et la douleur est absente. Le prélèvement sur écouvillon
permet l'identification du germe, qui est un cocci gram positif
dans la plupart des cas.
Evolution
En l'absence de traitement, l'infection ne guérit pas. Les
germes se fixent dans les micro anfractuosités du silicone
du cathéter, sécrètent un biofilm qui les protègent
des agressions de l'antibiothérapie, migrent le long du cathéter
et entraînent des infections péritonéale à
répétition.
Traitement
Il n'y a pas de consensus pour le traitement de cette complication.
Plusieurs protocoles ont été proposés, alliant
soins locaux, antisepsie, antibiothérapie locale et générale.
Les protocoles utilisés dépendent du centre de dialyse
du patient. Néanmoins la plupart des auteurs s'accordent
à dire que :
- le traitement est long, de 3 à 6 semaines.
- il doit être précoce. Un traitement trop tardif échoue
souvent et aboutit environ une fois sur deux au retrait du cathéter.
- l'antibiothérapie générale seule est insuffisante
lorsque le biofilm est constitué, en raison des concentrations
minimales inhibitrices trop faibles in situ.
- les infections du tunnel et/ou de l'émergence à
Pseudomonas Aeruginosa ne guérissent jamais en raison du
fort tropisme de ce germe pour le silicone. Dans ce cas, la dépose-repose
du cathéter est de règle.
La dépose-repose du cathéter est un geste chirurgical
réalisé sous anesthésie générale,
responsable d'une morbidité non négligeable.
Rôle du généraliste
Le généraliste peut faire le diagnostic. Mais celui-ci
est souvent fortuit, car l'infection au stade précoce ne
constitue malheureusement pas un motif de consultation pour les
patients. Une simple rougeur de quelques millimètres autour
du cathéter, sans douleur et à fortiori sans signe
général, peut ne pas inquiéter, même
si l'éducation du patient a pour objectif de le sensibiliser
sur ce point capital. C'est pourtant à ce stade que le traitement
doit être entrepris. En cas de doute, le prélèvement
bactériologique sur écouvillon peut être réalisé
au domicile du patient. Enfin, le suivi à domicile d'une
infection en cours de traitement permet d'en apprécier l'évolution,
en collaboration avec le néphrologue traitant.
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