Thérapeutique

Retour sommaire EuRoPD



L'icodextrine améliore l'équilibre hydro-électrolytique des patients en dialyse péritonéale : résultats d'une étude randomisée et contrôlée

Davies S.J. and coll
Icodextrine improves fluid balance in peritoneal dialysed patients : results of a randomized controlled trial
Abstract page 132

L'icodextrine permet d'obtenir une ultrafiltration positive sur les stases longues, mais fallait-il encore démontrer que cela avait un intérêt sur l'équilibre hydro-électrolytique des patients.

Objectif
L'ultrafiltration (UF) obtenue en DP influence la survie des patients, surtout si leur péritoine est hyperperméable, en raison des risques cardiovasculaires. Cette étude a comparé l'utilisation d'une poche d'icodextrine versus une poche glucosée à 2,27 % sur l'équilibre hydro-électrolytique des patients.

Méthode
Étude multicentrique, randomisée, évaluée en intention de traiter sur 6 mois, portant sur 50 patients ayant une diurèse < 750 ml par 24 heures et un péritoine moyennement ou hyperperméables. Les principaux critères étudiés sont l'UF, la mesure de l'eau totale par deutérium et impédancemétrie.

Résultats
Le groupe icodextrine présente une différence de poids des sujets de - 2,3 kg, comparé au groupe témoin. On observe une perte en sodium de 40 mmol/j dans le groupe icodextrine contre un gain pour le groupe glucose, différence liée à une UF nocturne respectivement de - 300 contre + 300 ml/j. La mesure de l'eau totale par deutérium montre une perte à 6 mois de 0,4 kg alors qu'elle est stable pour le groupe glucose. La mesure par impédance sous-évalue cette perte.

Conclusion
L'icodextrine en stase longue permet un meilleur contrôle de l'équilibre hydro-électrolytique à 6 mois, par rapport à une poche glucosée à 2,27 %. L'effet se manifeste dès le premier mois.

Commentaire
Il s'agit d'une étude très bien conçue, avec des résultats explicites démontrant clairement l'intérêt de la solution d'icodextrine en termes d'équilibre hydro-électrolytique. L'étape suivante est de démontrer que le pronostic cardiovasculaire - et donc la survie des patients - est amélioré sur une période de traitement supérieure à 2 ans : une étude multicentrique à lancer !

D. A.