Thérapeutique

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Les femmes anuriques ont une meilleure survie en dialyse que les hommes

E. Brown (Royaume-Uni)
Two year patient and technique survival in anuric APD patients.

Résultats de l'étude EAPOS (European Automated Peritoneal Outcome study) présentée préalablement par S. Davies.

Objectif
Cette étude a précisé la survie des patients et de la technique dans une population de dialysés anuriques traités par dialyse péritonéale automatisée (DPA), avec comme but de prescription des clairances de créatinine > 60 l/semaine pour 1,73 m2 et une ultrafiltration quotidienne > 750 ml.
Les auteurs ont défini les éléments suivants :
- survie patient : maintien du patient en vie avec censure par la transplantation, le transfert en hémodialyse ou perte de vue du patient ;
- survie technique : maintien du patient sur la technique, avec la même censure que précédemment ;
- survie patient-technique où la censure n'affecte plus que la transplantation et la perte de vue du patient.

Résultats
La survie des patients à 2 ans est de 79 %, la survie de la technique est de 60 % et la survie combinée patient-technique est de 49 %.
Les auteurs ont recherché les facteurs prédictifs en fonction de l'âge, de la clairance à la créatinine, de l'ultrafiltration (UF), de la perméabilité péritonéale et du sexe des patients au moment de l'inclusion dans l'étude :
- l'âge affecte bien évidemment la survie des patients, avec une césure avant et après 65 ans, mais il n'influence pas la survie de la technique ;
- la clairance de la créatinine n'influence ni la survie des patients, ni la survie de la technique, ni bien sûr la survie combinée ;
- l'ultrafiltration joue un rôle sur les différents modes de survie selon qu'elle est supérieure ou inférieure à 750 ml/j à l'inclusion dans l'étude. La survie du patient est de 83 % lorsque l'UF est > 750 ml/j contre 67 % quand elle est inférieure, mais cela atteint à peine le seuil de signification statistique ; la survie de la technique est en revanche significativement plus importante lorsque l'UF est > 750 ml/j puisqu'elle est de 63 % à 2 ans contre 50 % lorsqu'elle est < 750 ml/j ; la survie combinée patient-technique est également supérieure à 52 % dans le groupe > 750 ml/j contre 33 % dans le groupe UF < 750 ml/j.
- le sexe n'influence pas la survie des patients à 2 ans, mais en revanche la survie de la technique est largement et statistiquement supérieure chez les femmes par rapport à celle des hommes.
- Il n'a été retrouvé aucune différence significative de survie patient, technique ou combinée selon le type de perméabilité péritonéale des patients à l'inclusion dans l'étude, et il faut préciser qu'aucun des patients n'avait de perméabilité péritonéale basse.

Conclusion
Les auteurs montrent que des patients anuriques peuvent être maintenus en dialyse péritonéale par la technique de DPA. La survie de la technique est particulièrement importante s'il s'agit de sujets de sexe féminin et si l'ultrafiltration obtenue par la technique est > 750 ml/j.

Commentaire
Ces résultats sont particulièrement intéressants puisqu'ils vont à l'encontre de l'idée que les patients anuriques doivent être exclus de la dialyse péritonéale ; il doit donc se discuter, en premier choix, le transfert des patients devenus anuriques en dialyse péritonéale continue ambulatoire vers la technique de DPA si cela est possible. Cette étude retrouve une efficacité de la technique de DPA quelle que soit la perméabilité péritonéale du sujet, à condition d'exclure les patients hypoperméables. Il est intéressant de noter que cette étude rejoint l'étude ADEMEX sur la faiblesse de l'influence de la clairance des petites molécules sur la survie des patients en dialyse péritonéale. En outre, elle met en évidence la nécessité cruciale d'une ultrafiltration quotidienne importante pour maintenir la technique dans de bonnes conditions.

B. M.