Pas de révolution mais haro sur les aminoglycosides
Il faudra attendre encore quelques mois pour connaître les recommandations européennes concernant le traitement des péritonites, car l'auteur n'y a fait aucune allusion.
Données du problème
Les manifestations cliniques et biologiques permettant de poser le diagnostic
d'infection péritonéale ont été rappelées.
Il faut toutefois insister sur la nécessité de réaliser
de façon systématique une numération avec formule des leucocytes
dans le dialysat afin de caractériser la péritonite " stérile
" secondaire à l'icodextrine, qui demeure une " énigme
" à ce jour. L'objectif à atteindre est celui d'un taux de
péritonites stériles, non liées à l'icodextrine,
inférieur à 10 %. Dans le cas contraire, une remise en question
de la qualité de l'examen microbiologique doit être faite.
Recommandations
L'utilisation d'une antibiothérapie empirique de première intention
demeure acquise, mais le choix des antibiotiques s'est modifié dans le
temps selon les recommandations de l'ISPD. En 1993, les associations vancomycine-céphalosporine
de 3e génération ou vancomycine-aminoglycosides ont été
proposées. L'apparition de souches d'entérocoques (13 cas de péritonite)
puis de staphylocoques coagulase négatif (3 cas de péritonite)
résistants à la vancomycine a été à l'origine
de nouvelles propositions en 1996, à savoir l'association céphalosporine
de 1re génération-aminoglycosides. Cependant, le nombre élevé
d'échecs (52 %) et la toxicité rénale des aminoglycosides
ont conduit à une nouvelle mise à jour en 2000. Si la diurèse
résiduelle est supérieure à 100 ml/j, l'utilisation d'un
aminoglycoside n'est pas recommandée. En outre, si l'on considère
3 groupes de patients, soit G1 (absence de péritonite), G2 (péritonite
traitée sans aminoglycoside) et G3 (péritonite traitée
avec un aminoglycoside), la diminution de la fonction rénale résiduelle
est respectivement de - 0,07, - 0,21 et - 0,66 ml/min/mois de la clairance de
la créatinine dans les groupes G1, G2 et G3. La vancomycine a par ailleurs
été " réhabilitée ". Enfin, certaines
équipes sont favorables à une association céphalosporines
de 1re et 3e génération en première intention.
À propos des péritonites fongiques, l'ablation précoce
du cathéter reste préconisée, alors que les résistances
au fluconazole sont de plus en plus fréquentes et qu'ainsi l'amphotéricine
B demeure le traitement de choix
du moins en termes d'efficacité.
Conclusion
Donc rien de bien nouveau, et pour les recommandations européennes, rendez-vous
à Tunis en octobre 2002 lors des réunions conjointes de la Société
de Néphrologie et de la Société Francophone de Dialyse.
Le voile sera levé !
J.-P. R.