Si l'idée de départ est séduisante, l'interprétation des résultats reste discutable.
Objectif
Mesurer le coefficient de transfert de masse (MTAC) du CO2 en utilisant
une poche de dialysat glucosé à 3,86 %, puis une poche contenant
des acides aminés (AA) à 1,1 %. Le postulat est que la L-arginine
produit du NO, lequel est un puissant vasodilatateur, ce qui doit augmenter
le MTAC du CO2. Plus la perméabilité membranaire est
altérée, plus il se produit une néoangiogenèse et
en conséquence plus le transfert de CO2 doit être important.
Méthode
Douze patients ont été étudiés. Deux tests de perméabilité
péritonéale ont été réalisés successivement
avec l'une et l'autre solution de dialyse. Les MTAC du CO2, de l'urée
et de la créatinine ont été calculés à partir
des taux retrouvés dans l'effluent. Les patients ayant eu moins d'un
an de DP et ceux ayant subi plus d'un an de DP ont été comparés,
sachant que la durée moyenne de dialyse de ces patients est de 15 mois.
Résultats
Le MTAC du CO2 est de 36,6 ml/min pour la poche glucosée à 3,86
% contre 62,7 ml/min pour la poche AA 1,1 %. Le MTAC du CO2 des patients ayant
plus d'un an de dialyse est plus élevé que pour ceux ayant moins
d'un an de dialyse.
Conclusion
Pour les auteurs, l'augmentation du MTAC du CO2 dans le temps témoigne
du nombre de capillaires recrutés et donc de la néoangiogenèse
générée par les solutés bio-incompatibles.
Commentaire
Si l'idée de départ est séduisante et si le principe de
réalisation est simple, l'interprétation est douteuse. Il n'y
a pas de preuve absolue que le transfert de CO2 soit corrélé au
nombre de vaisseaux. Le dosage du CO2 intrapéritonéal n'est pas
aussi simple que cela, le volume de dialysat entre une poche à 3,86 %
et une poche AA 1,1 % est différent et le recrutemewnt péritonéal
aussi
Donc à ne pas recommander pour l'instant.
D. A.