Les cathéters droits ou col de cygne sont toujours les plus utilisés, mais les nouveaux cathéters sont très prometteurs.
Les progrès se poursuivent dans le domaine des cathéters péritonéaux,
dont les complications sont encore responsables actuellement de 15 % des transferts
vers l'hémodialyse. La matière la plus utilisée est le
silicone car le polyuréthane récemment proposé se révèle
fragile aux antibiotiques et aux agents topiques tels que le polyéthylène
glycol et l'alcool.
Les cathéters de Moncrief et Popovitch avec extériorisation du
segment distal plusieurs semaines après l'implantation semblent donner
de bons résultats comme l'a démontré l'étude de
Shoand dans une publication du PDI en 2001 : cette étude contrôlée
a confirmé l'absence de fuite de dialysat précoce et un taux d'infections
émergences plus faible à long terme. Les facteurs de risque d'infection
sont en effet nombreux pour les cathéters classiques car ils sont continuellement
soumis à trois types de forces : des forces vectorielles qui tendent
à extérioriser le segment sous-cutané à une vitesse
d'environ 2 mm/an, les microtraumatismes répétés dus à
la mobilisation du segment externe et les tractions accidentelles.
Après plusieurs années de recul, il semble que le cathéter
avec orifice de sortie en position présternale, proposé par Twartowski,
donne de bons résultats, mais cette technique demeure peu populaire en
Europe.
Les nouveaux cathéters
Plusieurs innovations sont actuellement à l'étude :
- Le cathéter autopositionnant (self locating catheter), cathéter
classique comportant un lest mécanique à son extrémité
intrapéritonéale, a fait l'objet d'une étude qui montre
d'excellents résultats, en particulier sur l'absence de déplacement
secondaire du cathéter.
- Le progrès le plus innovant semble être la chambre implantable
en dialyse péritonéale, appelé Life site PD access system.
Il s'agit d'une chambre en forme de cloche métallique implantée
en sous-cutané, utilisable aussi bien en hémodialyse qu'en dialyse
péritonéale, immédiatement après la pose. Le cathéter
connecté à cette chambre ne présente qu'un seul cuff.
La chambre implantable comporte une valve qui est ouverte après ponction
à l'aide d'une aiguille de 14 G. Life site PD access system
a fait l'objet d'une étude préliminaire sur 6 patients, avec
d'excellents résultats montrant notamment un taux d'infection d'environ
moitié moindre qu'avec les cathéters classiques. Pour l'un des
patients, la chambre était utilisée en dialyse péritonéale
intermittente 3 fois/semaine et pour les 5 autres en dialyse péritonéale
intermittente nocturne. Il n'a été observé qu'une seule
infection parfaitement curable par injection d'antibiotiques dans le dispositif.
- D'autres cathéters sont à l'étude, en particulier pour
remplacer les cuffs actuels en dacron qui, après un certain temps,
peuvent se déliter dans l'espace sous-cutané et provoquer des
infections. Ainsi, des cathéters comportant deux cuffs en titane
poreux sont à l'étude.
Technique d'implantation du cathéter
Les données du registre de l'EDTNA font état de 48 % des cathéters
posés par un chirurgien spécialisé, 21 % par un chirurgien
général, 19 % par un néphrologue et 12 % par un autre intervenant.
Dans 56 % des centres, une infirmière responsable de dialyse péritonéale
est présente lors de la pose. Le cathéter est utilisé pour
la première fois entre 2 et 3 semaines après sa pose dans 59 %
des cas, avec des extrêmes variants de 2 jours à plus de 8 semaines.
Cette intervention a nécessité une hospitalisation chez 44 % des
patients. Les cathéters présentent un mauvais fonctionnement dans
23 % des cas, et la constipation est un facteur de risque de dysfonctionnement.
Il n'y a pas de consensus concernant le traitement des dysfonctions dues au
cathéter, la plupart des centres utilisant des moyens qui leur sont familiers
: hyperpression provoquée, injection d'héparine, injection d'urokinase,
etc.
En cas de déplacement du cathéter, le repositionnement par Fogarti
donne de bons résultats : cette technique a été tentée
avec succès dans 24 déplacements sur 34, sur une série
232 patients. Enfin, Posthuma a proposé, en 1998 dans le NDT,
une technique de dépose-repose sous péritonéoscopie, qui
semble également prometteuse.
Conclusion
Les cathéters droits ou col de cygne sont toujours les plus utilisés
; la technique chirurgicale est préférée, mais la pose
percutanée devient de plus en plus populaire. Les nouveaux cathéters
sont très prometteurs mais nécessitent des études complémentaires.
Enfin, les grandes variations dans les protocoles de soins locaux et de pansements
devraient devenir plus homogènes en suivant les récentes recommandations.
P.-Y. D.