L'expérience et l'habileté de l'équipe sont les meilleurs
garants de la survie du cathéter
A. S. Rodrigues (Portugal)
Access - European Guidelines on best practice
L'auteur a revu la littérature afin de guider
les équipes sur les meilleures pratiques possible pour la confection
de l'accès péritonéal, en détaillant le type de
cathéter choisi, la technique d'implantation, les soins post-implantation,
la prophylaxie antibiotique au moment de la pose du cathéter et le traitement
des différentes complications post-opératoires.
Le cathéter. Parmi les différents types de cathéters
proposés sur le marché, aucun n'a pu faire la preuve d'une supériorité.
Les techniques de pose. Il en existe trois principales : pose chirurgicale
par laparotomie, pose percutanée à l'aveugle, pose par laparoscopie.
Comme pour le cathéter, il n'existe pas d'études ayant montré
véritablement la supériorité d'une technique par rapport
à une autre. Il est signalé l'importance de confier la pose
du cathéter à une équipe expérimentée,
motivée et entraînée. La variante de pose du cathéter
par la technique de Moncrief, qui consiste à enfouir le segment extrapéritonéal
du cathéter sous la peau pendant une période de 4 à 6
semaines avant son utilisation et son extériorisation, semble montrer
une amélioration de la survie au long cours du cathéter et la
diminution de la fréquence des infections de l'orifice après
l'extériorisation.
Les soins post-opératoires immédiats. Là aussi,
peu d'études précises. L'auteur insiste sur la nécessité
de soins stériles sur l'orifice pendant 3 à 4 semaines et sur
l'importance de l'immobilisation stricte du cathéter pour éviter
le traumatisme de l'orifice de sortie. L'utilisation différée
du cathéter permet de prévenir les fuites de liquides à
travers la paroi abdominale.
L'antibioprophylaxie
- Par consensus, une antibiothérapie générale par céphalosporine
est recommandée pour entourer le geste opératoire.
- L'utilisation de la mupirocine a montré son efficacité envers
les infections de l'orifice de sortie à Staphylococcus aureus. Son
utilisation est en particulier très utile lorsque l'on s'adresse à
une population de sujets diabétiques ou immunodéprimés
porteurs chroniques du staphylocoque au niveau nasal. L'utilisation de la
mupirocine pose le problème de l'émergence de Staphylococcus
aureus résistants à cette molécule et il n'est pas recommandé
de l'utiliser pour des périodes prolongées.
Traitement des complications post-opératoires
- Infections aiguës de l'orifice de sortie du tunnel : l'usage des antibiotiques
est recommandé avant d'envisager l'ablation du cathéter. Le
rasage de la cuff peut apporter des améliorations conséquentes.
L'auteur recommande l'exploration par échographie du tunnel, qui permet
de dépister des infections insoupçonnées et de les traiter
précocement.
- Obstruction du cathéter : parmi toutes les méthodes préconisées,
l'auteur recommande d'utiliser en premier lieu la méthode de radiomanipulation
et en denier lieu le replacement du cathéter par laparoscopie.
Conclusion
Le succès de la pose du cathéter repose sur la connaissance et
l'habileté des équipes qui interviennent. Il est recommandé
de suivre l'évolution de la population par un contrôle des résultats
et pour optimiser les protocoles.
Commentaire
Ces recommandations européennes peuvent apparaître un peu décevantes
tant elles risquent de manquer de précision pour des équipes qui
n'ont pas d'expérience, puisqu'il est justement mis l'accent sur l'expérience
et l'habileté. Il est donc fortement recommandé de contacter des
équipes performantes avant de se lancer dans un programme de dialyse
péritonéale. Cela souligne le fait que la pose du cathéter
est un geste non anodin, potentiellement responsable d'échecs précoces
de la technique, qui demande une attention tout à fait particulière
et qui repose sur une réflexion préalable.