L'obésité constitue un problème réel qui apparaît rapidement en dialyse péritonéale.
L'obésité est un problème de rapport entre l'apport énergétique et la dépense énergétique.
Données épidémiologiques
L'obésité est définie par l'OMS par un BMI > 25. Aux
Etats-Unis, 55 % des patients en dialyse péritonéale sont obèses.
En Suède, la population d'obèses en dialyse péritonéale
est passée de 7,2 en 1980 à 11 % en 1996. L'augmentation du poids
se fait surtout par l'augmentation de la masse grasse qui se distribue essentiellement
au niveau abdominal et au niveau intrapéritonéal. Cette augmentation
se fait rapidement avec un gain de plus 10 % dans les deux premières
années. Les conséquences de cette obésité sont dramatiques
avec la perte du cathéter, le risque athérogène et l'inadéquation
de la dialyse par la surestimation du volume de distribution dans l'interprétation
du Kt/V ; l'ensemble aboutissant à un taux de sortie de la technique
élevé. Sur le plan métabolique, cette obésité
s'associe à une augmentation du cholestérol total, liée
à l'apport calorique; à l'augmentation des triglycérides
liée à l'augmentation de glucose absorbé, à un hyperinsulinisme
et à une hyperleptinémie. Il a en effet été clairement
démontré une augmentation du taux de leptine parallèlement
à l'accroissement de la masse grasse. En revanche, il n'y a pas de relation
nette entre le taux de leptine et le risque cardiovasculaire, ainsi qu'entre
le poids et la survie des patients.
Quel est le mécanisme à l'origine de cette augmentation de poids ? Si l'on a longtemps incriminé des facteurs tels que l'absorption du glucose, la perte d'activité physique, il semble que le déterminant majeur soit génétique.
Attitude pratique
1 - La restriction calorique, portant aussi bien sur les apports endogènes
que sur les apports liés à l'absorption de glucose, reste difficile.
La seule façon de faire est de réduire au maximum les poches contenant
du glucose.
2 - Faciliter l'activité physique des patients.
3 - Etre extrêmement vigilant, en fonction de la perméabilité
péritonéale, sur le choix de la technique, ce d'autant que les
patients présentent une hyperperméabilité péritonéale
qui facilite l'absorption du glucose. Les techniques de DPA doivent être
proposées avec vigilance.
4 - Les interventions pharmacologiques, mais il n'y a pas de preuve de leur
efficacité.
5 - Le transfert en hémodialyse, mais les résultats sont plutôt
décevants et variables selon les patients.
Conclusion
L'obésité, l'accroissement de la masse grasse en dialyse péritonéale,
est un facteur majeur essentiellement dépendant de facteurs génétiques
pour lesquels il n'y a pas une, mais des conduites à tenir afin de limiter
cette prise pondérale.
Commentaire
L'obésité est un problème réel qui apparaît
rapidement en dialyse péritonéale. Il est clair que les nouvelles
solutions proposées contenant des acides aminés ou des dérivés
ou des substituts de glucose, ainsi que la limitation du volume de dialyse chez
les patients hyperperméables en DPA permettraient de contrôler
l'augmentation pondérale. Malheureusement, peu d'équipes se sont
intéressées à ce problème, ce qui est regrettable.
D. A.