Des améliorations spectaculaires des clairances à espérer mais à confirmer, et à rendre réalisables en pratique courante.
La dialyse péritonéale à flux continu (CFPD) est fondée sur le concept du renouvellement du dialysat dans la cavité péritonéale par instillation permanente de dialysat frais. La première expérience date de 1965 sous l'instigation de James Schinaberger, qui utilisait à cette occasion un appareil d'hémodialyse modifié. Deux techniques sont possibles : soit simple passage de liquide qui est ensuite évacué, soit circulation extracorporelle où le liquide, qui a été injecté puis drainé, est en permanence régénéré par détoxification.
Méthodologie
Dans son étude, P. Freida a utilisé la technique du simple passage,
ce qui a nécessité la mise en place de deux cathéters séparés
de dialyse péritonéale, l'un permettant l'entrée du liquide
et l'autre la vidange simultanée. La concentration moyenne en glucose
du liquide injecté était de 1,36 %. Le volume intrapéritonéal
permanent était de 2 litres. Cinq patients ont subi une séance
de dialyse de 4 heures à flux continu avec un débit moyen de 150
ml/min.
Pour chacune des séances, les clairances des petites molécules
et les coefficients de transfert de masse (MTAC) ont été évalués.
Les valeurs obtenues au cours des séances de CFPD ont été
comparées à celles observées au cours des séances
de référence de technique classique de dialyse péritonéale
automatisée, avec 13 litres de soluté utilisés à
chaque séance. Pour les calculs des clairances de la créatinine,
les valeurs retrouvées ont été extrapolées à
des séances de 8 heures de CFPD afin de pouvoir être comparées
avec les valeurs en séance classique de dialyse péritonéale
automatisée.
La perméabilité péritonéale des patients étudiés
était, rapportée à la valeur du D/P créatinine à
4 heures, dans une fourchette de 0,45 à 0,73.
Résultats
En CFPD, la clairance moyenne de la créatinine atteignait 79 l/semaine/1,73
m2, soit une progression minimale de 70 % au moins des valeurs de base, quelles
que soient les valeurs de la perméabilité péritonéale
du patient. En ce qui concerne le MTAC, celui-ci est multiplié en moyenne
par 2,5 en CFPD par rapport à la technique classique.
Conclusion
La technique de CFPD permet d'augmenter de façon substantielle la clairance
des petites molécules. Deux facteurs influencent ce gain : la promotion
de gradients de diffusion beaucoup plus importants et stables tout au long de
la séance, et probablement le recrutement d'une plus large surface de
diffusion pour les échanges.
Commentaire
Cette technique novatrice montre des améliorations spectaculaires des
clairances, que l'on peut obtenir par une technique de dialyse péritonéale
automatisée sur une durée de traitement identique à celle
de la technique classique. Les résultats reposent toutefois sur des séances
tests de 4 heures extrapolées à 8 heures ; il est encore trop
tôt pour pouvoir dire s'ils sont possibles à obtenir de façon
répétitive, et en pratique courante de traitement de patients
chroniques. Il faut souligner la nécessité de la mise en place
de deux cathéters de dialyse péritonéale, ce qui alourdit
la préparation du patient. On ne sait pas encore, bien sûr, comment
le liquide de dialyse pourra être généré de façon
routinière, économique et sûre.
B. M.