Néphrologie clinique

Retour sommaire EuRoPD



Le risque coronarien est-il plus élevé chez le patient en dialyse péritonéale comparativement à ceux en hémodialyse ?

Boudville NC et al.
Peritoneal dialysis patients have a lower prevalence of elevated cardiac troponin T than hemodialysis
Poster p. 125

La confirmation chez le patient en dialyse péritonéale d'éléments connus chez les hémodialysés.

Objectif
L'étude s'est proposée de déterminer le taux de troponine T d'origine cardiaque dans une population traitée soit en hémodialyse, soit par dialyse péritonéale, et de voir s'il existait des facteurs prédisposants.

Méthode
Le taux de troponine T d'origine cardiaque a été déterminé dans une population traitée en hémodialyse (75 patients) ou en dialyse péritonéale (41 patients). Les deux groupes étaient comparables en termes de durée de traitement en dialyse, de proportion de patients hypertendus, de taux de cholestérol sanguin et d'homocystéinémie, d'albuminémie et de consommation en tabac.

Résultats
Le taux de troponine T est de 0,10 ± 0,1 µg/l chez les patients hémodialysés et de 0,05 ± 0, 9 µg/l chez les patients en dialyse péritonéale (p = 0,005). Toutefois, la population traitée en dialyse péritonéale est plus jeune avec un âge moyen de 56,5 ans versus 69,4 ans pour celle en hémodialyse. De même, moins de 20 % des patients en dialyse péritonéale sont diabétiques alors que 37 % le sont dans le groupe hémodialyse. En outre, il existe une différence significative entre les 2 groupes concernant le taux de CRP qui est 9 mg/l en dialyse péritonéale et 16,5 mg/l en hémodialyse. Par ailleurs, si l'on divise la population en dialyse péritonéale en 5 groupes, la répartition des patients se faisant selon le taux de troponine T, la durée du traitement en DP et la présence d'un diabète étaient associées à des taux de troponine plus élevés que la moyenne.

Conclusion/commentaires
Les deux groupes n'étant pas comparables, on ne peut affirmer, au vu des taux de troponine T d'origine cardiaque, que les patients en dialyse péritonéale sont moins exposés au risque coronarien que ceux en hémodialyse. En revanche, à l'instar de ce qui était déjà connu chez les patients en hémodialyse, le risque est majoré quand la durée du traitement par dialyse péritonéale est longue et chez le patient diabétique. En dépit d'un taux de troponine T cardiaque moindre en dialyse péritonéale, rien ne prouve que ces patients ont un risque coronarien moindre que ceux traités en hémodialyse.


J.-P. R