Trois indications subsistent actuellement pour la dialyse péritonéale fluctuante.
La dialyse péritonéale fluctuante (DPF) décrite par Twardowski était très prometteuse. Elle permettait d'obtenir en 8 heures des clairances supérieures à celles obtenues en 24 heures par DPCA, qui elles-mêmes étaient supérieures à des clairances obtenues en 8 heures de NIPD.
Données de la littérature
Indications actuelles de la DPF
Pourquoi choisir la DPF, dès lors qu'une modalité non fluctuante
permet d'obtenir des clairances identiques ? Trois indications semblent possibles.
1 - La modalité fluctuante présente un intérêt certain
en cas d'un débit de cathéter insuffisant. En effet, le débit
du cathéter péritonéal étant toujours biphasique,
avec une phase initiale de drainage rapide suivie d'une seconde phase de drainage
plus lent, la DPF permet d'écourter avantageusement la phase de drainage
lent.
2 - La DPF permet de réduire les douleurs lors de l'infusion du dialysat.
En effet, Vychytil avait montré que 23 % des nouveaux patients ont des
douleurs lors de l'infusion, qui disparaissent généralement en
utilisant la DPF du fait des variations beaucoup plus faibles du pH intrapéritonéal.
3 - La DPF est avantageuse lorsqu'on utilise un débit de dialysat horaire
important : les clairances sont améliorées avec des régimes
extrêmes tels que 60 litres en 12 heures (5 l/h), ce qui toutefois ne
correspond pas à une prescription courante.
Commentaire
La revue récente de la littérature confirme en effet que les clairances
obtenues en DPF ne sont pas meilleures que celles obtenues dans des modalités
non fluctuantes. Cependant, lorsqu'on analyse ces travaux dans le détail,
les comparaisons des régimes ont été effectuées
sur des cycleurs récents, dont l'automatisation de la phase de drainage
correspond en réalité à une DPF à 85 % de volume
fluctuant. Cela confirme les travaux de Juergensen faisant état de clairances
positivement et linéairement corrélées au pourcentage de
volume fluctuant.
P.-Y. D.