Prévention
des ulcérations du pied
chez
les diabétiques insuffisants rénaux.
Analyse d’article réalisée le 10 Novembre 2003,
pour le site http://www.rdplf.org par :
Nadia
Gammar
Surveillante Chef
Service Néphrologie-Dialyse
Cliniques Universitaires
de Bruxelles - Hopital Erasme
route de Lennik 808
Bruxelles |
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Titre
original
Prevention
of Foot Ulcers in Patients with Diabetes and End Stage Renal disease
Janice A.Neil -Carolyn J.Knuckney -Robert J.Tanenberg
Journal of American Nephrology Nurses’ Association (ANNA),
2003, 30,1 : 1-24
Résumé
et analyse du texte
Aux
Etats-Unis, le diabète est la cause principale de l’augmentation
des patients atteints d’insuffisance rénale chronique
(IRC) soit 35% de nouveaux cas annuels. La néphropathie diabétique
résulte d’une microangiopathie atteignant les capillaires
glomérulaires (Black,Haruks,&Keane 2001). La progression
du diabète chez les gens de 18-65 ans développe également
des maladies vasculaires périphériques causées
par les plaques athéromateuses et causant des ulcères
des membres. D’autre part, les neuropathies causées
par le diabète entraînent une hypoactivité sensorielle
et thermique des pieds, des déformations des métatarses
qui subissent une mauvaise circulation sanguine, ce qui favorise
la formation d’ulcères. L’infection de ces ulcères
est la cause principale de gangrène voire d’amputation.
Ce risque augmente chez les diabétiques( depuis + de10 ans)
atteints d’IRC, mal contrôlés, hypertendus, exposés
aux stéroïdes, cumulant une altération du métabolisme
calcique et une restriction en protéines.(Hill et al 1996).
Méthode
Il s’agit d’ une étude quasi-expérimentale,
pilote, portant sur 32 adultes (hommes –femmes) initialement
sélectionnés, hémodialysés 3x/semaine,
atteints de diabète de type 1 ou 2. Un groupe expérimental
(N=13) dialysés le lundi- mercredi-vendredi a été
formé face à un groupe contrôle dialysés
le mardi-jeudi-samedi. Ce groupe expérimental a bénéficié
de 4 interventions :
1)
une éducation individuelle
2) une éducation de groupe
3) une surveillance des pieds
4)des chaussures spéciales
Pendant
6 mois les tests suivants ont permis d’établir le suivi
:
-
pression des pieds : visualisation de la pression à la
marche (méthode Harris Mat)
- inspection des pieds : examen des muscles- hygiène- observation
des déformations, de la peau.
- Examen neurologique : importance d’un test bilatéral
identifiant les différentes perceptions et sensibilités,
et leur habilité à marcher ( test de Semmes-Weinstein
= performant quand utilisation d’un 5.07 monofilaments.).
- Examen vasculaire : test bilatéral de présence
ou d’absence de pouls pédieux et tibial(Bowker&
Pfeifer 2000) ainsi que mesure de l’02( transcutané)
- Densitométrie : mesure bilatérale de la densité
osseuse.
Pour chaque patient le taux de glucose a été évalué
et monitoré 3 fois par jour et tous ont reçu des instructions
précises sur leur diabète par des éducateurs
spécifiques.
Le groupe témoin n’a rien reçu.
Procédures
Pour évaluer la compréhension du patient sur les informations
concernant les soins aux pieds, un questionnaire comportant 10 questions
à choix multiples (score de 0-20) a été distribué
au groupe en pré et post-intervention. D’une part,
des photos des pieds et des chaussures ont été prises
et d’autre part un contrôle précis des pieds
a été effectué avant et après.
Pour les 2 groupes, un dossier médical a été
établi(histoire médicale ,biologie complète,…)
Résultats
Démographiques
:
-
4 patients sont décédés
- 7 ont abandonné l’étude
- 21 se sont rajoutés pour compléter l’étude
:1 caucasien et 20 afro-américains
- moyenne d’âge : 60.5 ans (44-75)
- 19 patients diabétiques de type 2 et 2 de type 1
Surveillance des soins aux pieds :
-
l’ inspection des pieds est une obligation pour tous les
patients diabétiques
dans le groupe expérimental 70% des patients contrôlent
leurs pieds au moins 5x/semaine contre 55.6% dans le groupe contrôle.
10% reportent leur inspection (dans le groupe expérimental)
à 1x/semaine. Certains ont des difficultés d’y
procéder à cause de leur rétinopathie.
- le lavage des pieds
La recommandation est le lavage à l’eau chaude 1x/jour.
100% du groupe expérimental et 77.8% du groupe contrôle
se lavent les pieds 1x/jour mais le font-ils avec de l’eau,
de l’eau et du savon et comment ? entre les orteils ? Les
réponses sont équivalentes : 30% du groupe expérimental
et 33% du groupe contrôle affirment qu’ils le font
le mieux possible.
- l’entretien des ongles
La plupart des patients (des 2groupes)ne coupent pas leurs ongles
eux-mêmes et bénéficient de soins d’un
podologue et font usage d’un coupe-ongles. De plus, 22%
du groupe contrôle utilisent couteau ou lame de rasoir.
Il reste le problème des cals, des oignons et celui (fréquent)
des mycoses , surtout entre les orteils.
- la protection des pieds
La recommandation est de ne pas marcher pieds-nus et de les protéger
à
l’aide de chaussettes. Dans le groupe expérimental
90% des patients et
100% dans le groupe contrôle répondent qu’ils
ne marchent jamais pieds-
nus .Toutefois 60% du groupe expérimental contre 44.4%
du groupe
contrôle avouent se promener pieds-nus dans la maison.
- scores globaux pour les 2 groupes : aucune différence
significative.
Toutefois il apparaît que le groupe contrôle manque
d’informations sur les
soins à apporter de manière préventive à
leurs pieds .Exemple :
3 patients seulement possédaient des chaussures adaptées
à leurs pieds
et à la bonne pointure.
Discussion
Etre diabétique et souffrir d’IRC entraînent
pour les patients un gros risque de développer des ulcères
de pieds. Cette étude démontre bien que les patients
doivent être absolument informés sur les soins quotidiens
à apporter à leurs pieds et être assistés
par des professionnels dans le choix de leurs chaussures.
Implications pratiques
Le
risque de formation d’ulcères de pieds diabétiques
n’établit pas de mesures préventives à
prendre de manière habituelle. Richbourg (1998) dénonce
le silence des soins infirmiers en néphrologie et insiste
sur l’importance de cette prévention. Au programme
de formation des infirmières expertes en néphrologie
devrait figurer tout ce qui concerne les soins aux pieds diabétiques,
la réalisation préventive et le suivi .La recherche
devrait mettre en place un outil qui permettrait de tester les patients
à risque en introduisant le suivi dans les
protocoles.
Conclusion
Il existe à ce jour de nombreux « challenges «
dans les soins infirmiers en néphrologie. Le changement de
système de soins doit inclure la consolidation des services,
l’intégration verticale et horizontale et le souci
du coût induit. L’esprit des soins a changé mais
c’est l’environnement qui devrait trouver réponse
dans un modèle de soins. Les soins actuels doivent capitaliser
les nouvelles techniques et traitements ainsi qu’une amélioration
de la qualité des soins (Hoffart & Nissenson).
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